INSOUMIS

Terme à la mode ces derniers temps, et quelque peu galvaudé…

Voici un exemple d’insoumission qui nous rappele les heures les plus sombres du pays ou je suis né.

C’est une histoire digne de la pire des mémoires révolutionnaires du peuple, mais à la fois c’est une histoire héroïque pour l’être humain insoumis et en lutte contre la furie fasciste.

« Le 6 juin 2003 mourrait Arturo Dubro Diaz, l’homme le plus torturé par la dictature uruguayenne. Ils n’ont jamais pu le faire « parler ». Ils ne l’ont jamais soumis.

Ce fût l’un des hommes les plus torturé de la planète, dans la tristement célèbre prison « La Isla ».L’Uruguay, un petit pays, possède beaucoup de records. Celui que nous enterrons aujourd’hui est l’un d’eux. Unique cas de torture reconnus, dans lequel tout un bataillon d’infanterie a avoué : Il nous a vaincus.

 Prisonnier dans les geôles peuplés du bataillon « Floride » (caserne militaire célèbre pour les conditions inhumaines dans lesquels étaient enfermés et torturés les militants politiques opposés à la dictature uruguayenne, notamment les Tupamaros). Il était défiguré. Son nez à peine recousu après que des coups l’aient cassé et ouvert de part en part. Pour qu’il puisse respirer et récupérer ils l’avaient allongés avec les jambes vers le haut.

Il y avait un militaire corpulent, qui venait de la campagne, et qui chaque jour dans cette geôle moribonde lui servait du Maté et lui donnait à manger avec délicatesse  de son propre aveu il témoigna « Je n’ai jamais vu autant de monde frapper une personne, et je n’ai jamais vu un homme aussi courageux ». Cas ironique ou la culpabilité du complice des bourreaux se réserve le droit ponctuel de faire preuve d’un peu d’humanité et de compassion.

 Un jour, pour obtenir une information, ils l’ont ramené dans une salle pour le torturer, avant ils lui avaient proposé de parler, ce qui lui éviterait d’être massacré.

Arturo, au bord de la mort, leurs a fait une proposition : vous continuez à me torturer, si je perds, je balance, mais si je gagne vous me payez de votre poche et de celles des officiers, une « double grappa » (Alcool italien très populaire en Uruguay).

Quelques heures plus tard, il y eut un long silence, devant se déchet humain qui leur proposait de parier sa vie. Et de la bouche même des officiers, Arturo avait gagné cette bataille. On ne sait pas comment, un véritable miracle, du coup on ordonna aux soldats d’aller chercher le verre et à l’avenir de ne plus jamais poser la main sur lui. Plus tard, dépités, on sut qu’ils ne parièrent plus jamais avec d’autres prisonniers. Il a purgé sa longue peine, comme beaucoup, impassible et fraternel avec les autres.

La phrase qu’il a choisie pour épitaphe parle d’elle-même.

« Demain quand je mourrais

Ne me pleurez pas

Et ne me cherchez pas sous terre

Je suis un souffle de liberté »

Inspiré d’un article paru dans la presse Uruguayenne, et en partie traduit1.

A mes parents…