Encore et encore…

ENCORE ET ENCORE

Écrire sa rage, sa tristesse, ses angoisses, ses peurs, sa haine, son amertume. Écrire comme on vomit. Tout lâcher d’un coup sur le sol et peu importe si ça pue, si c’est dégueulasse, si ça gêne. Le temps que dure la vidange intestinale s’en foutre de tout. Transpirer, s’essuyer et pleurer, encore et encore…

Avoir le regard menaçant, refuser de l’aide, vouloir assumer tout seul.

Qu’est-ce qu’ils veulent tous là ? Pas besoin d’aide, allez-vous faire foutre !

Ne pas être choqué par cette impression de solitude extrême, car c’est un sentiment que l’on expérimente déjà au quotidien.

Se relever, tituber et lâcher une nouvelle galette.

Putain de merde !

Avoir mal au bide, s’essuyer la bouche avec la manche de sa veste, se moucher, être écœuré par l’odeur de bile qui imprègne son haleine et qui pénètre les narines.

Se relever, se sentir un peu mieux, assez pour ne pas crier et cogner sur tout ce qui bouge. Être gêné par la lumière des lampadaires, froncer les sourcils, appuyer sur sa tête avec les deux mains, avoir mal au crâne. S’en vouloir d’avoir trop bu, de ne pas avoir assez mangé. Se sentir désespéré, écrasé, avoir l’impression d’étouffer, pleurer, encore et encore…

Croiser des regards choqués, haineux et d’autres compatissants. Faire semblant de s’en foutre, de les ignorer, de ne pas être atteint par tant d’indifférence et regretter les mots gentils entendus 5 minutes auparavant lorsque les premiers spasmes du vomissement se faisaient sentir.

Ça va monsieur ?

Non… Murmure inaudible…

Grogner comme une bête, sortir les crocs, baver. S’arrêter entre deux voitures et pisser sur le trottoir. Entendre les remarques des passants derrière soi, rigoler et les envoyer se faire foutre… Encore une fois. Regarder l’heure. Minuit. Se dépêcher de marcher pour pouvoir prendre le dernier RER. Sauter les barrières, tomber, se cogner la tête. Avoir mal. Se relever et courir comme un dingue vers le quai. Monter dans le train juste avant que les portes ne se referment. S’affaler sur une banquette, regarder son reflet dans la vitre et toucher l’égratignure que l’on vient de se faire. Sentir ces yeux s’humidifier pour la énième fois de la soirée et s’endormir comme une merde. Se réveiller à quatre heures du matin au dépôt des trains. Se sentir perdu, plus seul que jamais, paniquer et pleurer, encore et encore…

Skalpel

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