« MONOLOGUE DU BON-CHAR » extrait du livre collectif « Le charbon »

MONOLOGUE DU BON-CHAR

– Bien?

– Bien et toi ?

– Ca dit quoi ?

– Rien.

– Ah ouais ?

– Bah ouais.

– T’as pas trop la forme ou quoi ?

– Bof, bof.

– Sinon ?

– Ça va, on est là.

– Cool alors.

– Et toi ?

– Pas trop mal.

– C’est la merde ouais.

– Grave.

– Putain de merde même.

– Un truc de fou.

– Mais graaave…

– Tu roules ?

– Vas-y.

– T’as du tosma ?

– Non.

– Ok, tiens, prends.

– Cimer.

– De rien.

– Il caille putain !

– T’as les doigts gelés ?

– Un peu.

– Vas-y-je roule, si tu veux.

– Ok, je préfère en fait.

– T’as du feu ?

– Ouais, tiens.

– C’est le mien, non?

– Ouais.

– Je le récup.

– Si tu veux.

– Le taf, bien ?

– Galère.

– Dur ?

– De l’esclavage, sa mère !

– Pareil.

– Le putain de charbon.

– Ouais, le vrai de vrai.

– Obligé de toute façon.

– Ouais, pas le choix.

– C’est la dèche.

– Tu veux le péter ?

– Non, vas-y toi, fais-toi plaise.

– OK, comme tu veux.

– Ouais… Je t’ouvre une bière ?

– vas-y, ouais.

– Tiens.

– Cimer.

– De rien.

– Il caille grave.

– Un truc de fou.

– J’ai les doigts gelés.

– T’arrive à méfu?

– T’inquiète pas pour ça.

– Hé, hé.

– Tiens le spliff gros, vas-y, je bouge au taf. Le fucking bonchaaaar, cimer pour la bière.

– De rien.

– À plus.

– À plus frérot.

 Le lendemain

 J’ai pas envie de monter dans ton putain de bus par l’avant, bordel ! J’ai pas envie !

Ça fait quoi si je monte par derrière ?

Y’a presque personne. Pourquoi je devrais m’emmerder avec ça alors que je viens de sortir du boulot à l’heure où la plupart des gens se lèvent et que ce putain de bus est presque vide. Je veux juste poser mon cul sur les sièges du fond et dormir le temps du trajet. Enfin, quand je dis dormir je veux dire somnoler et me faire réveiller à chaque arrêt par le bruit des portes qui s’ouvrent. J’en ai pour quarante-cinq minutes environ. C’est long quarante-cinq minutes. Ça laisse le temps de récupérer un peu de force avant de rentrer à la maison et de se rouler un bon spliff d‘après le taf. Qu’est-ce qu’il est bon celui là, il passe crème, après tu dors direct et t’es refait. J’espère que je vais pas tomber sur les contrôleurs, franchement j’ai la flemme de prendre un ticket, en plus ça fout le seum de devoir payer pour rentrer chez moi. Je les hais ces cons. Pour moi, c’est comme des flics ou des matons. Et qu’on vienne pas me dire qu’ils n’ont pas eu d’autres choix que de faire ce boulot, genre c’était soit ça soit la rue, mon cul ouais. C’est de la merde comme excuse, ça vaut rien. C’est juste un argument qui sert à se donner bonne conscience. Me sortez pas des conneries du genre, « parfois dans la vie on n’a pas le choix et puis au moins on pourra montrer une autre image de la profession », c’est du mytho. Y’a rien de normal ou de moral à contrôler des gens qui vont bosser à 6 h 45 du matin. C’est nul. C’est un taf de collabos. Je préfère porter des cartons à l’intérim que de faire ça. Même si l’intérim, j’avoue, c’est aussi de la merde. Mais quand même, je me retrouve pas dans des situations de merde, à mettre des amendes à des mères de famille du quartier, à des travailleurs qui vont trimer à l’aéroport ou à des gamins qui sont obligés de payer des sommes astronomiques juste pour avoir le droit d’aller flâner devant les galeries parisiennes, loin du quartier. De toute façon, le travail en soi c’est de l’exploitation. Les délires du genre « travailler plus pour gagner plus »y a que les cons qui ont plein de thunes qui peuvent kiffer. Je sais que pas mal de frères sont en galère et cherchent du boulot désespérément, mais faut pas se mentir, le travail c’est de l’esclavage moderne. C’est de l’aliénation à l’état brut. Ça rend fou. Ça te transforme en mouton obéissant. Ça te consume à petit feu et ça finit par te vaincre à l’usure. Le temps et l’habitude ne font rien pour arranger les choses, bien au contraire, plus le temps passe, plus tu deviens faible moralement et physiquement. Le travail, ou le charbon comme on dit chez nous, ça te crève même le plus accompli des sportifs. Si un jour t’as été en forme, dis toi qu’avec le charbon ça durera pas éternellement. Moi qui ai joué au foot toute ma vie, ça m’empêche pas d’être crevé et d’aller au turbin à reculons alors que je me porte plutôt bien, même si j‘avoue je bédave pas mal. Sérieux, heureusement qu’il y a le syndicat pour respirer un peu d’air, j’avoue c’est de l’air pollué t’as vu, mais c’est pas non plus une fin en soi, sinon je me dirais vraiment que je perds ma vie à gagner juste le minimum vital, comme la carte tiens. Celui qui te permet de revenir chaque matin un peu moins en forme que la veille, mais toujours assez pour enchaîner une nouvelle journée de merde à te crever le cul, jusqu’ à ce que tu touches une retraite tout aussi merdique et que t’aie même plus la force de profiter de ton nouveau temps libre tellement t’es rouillé de partout. C’est horrible. En plus, y’a pas moyen de nous la faire à l’envers, on a vu le résultat sur nos parents. Ce sont les témoins vivants d’une vie de charbon. Et encore, nous, ici, on est en France, on s’en sort mieux que ceux qui bossent comme des mules dans le tiers-monde, même si c’est de moins en moins vrai, et qu’ici c‘est pas la fête du slip non plus. Sérieux. À la limite, y’a moyen de se politiser un peu si tu croises les bonnes personnes, ça dépend du boulot que tu fais. Avant de trimer où je travaille maintenant, je faisais de la manutention dans une autre boîte où je sentais que je m’abrutissais complètement. J’avais l’impression d’être un robot ou un mouton qui ne pensait plus par lui-même. Chaque geste était répété machinalement, presque de façon inconsciente, mais bon, heureusement que je me suis barré, avant qu’ils m’aient viré. J’avoue, j’ai goumé le contremaître, une bonne droite dans sa gueule à ce chien. Il parlait trop mal et se prenait pour un caïd. Je l’ai fais redescendre vite fait bien fait.

Ici, dans cet entrepôt merdique, j’ai eu la chance de tomber sur un daron, réfugié en France pour des raisons politiques, avec qui j’ai pu discuter pendant de longues heures, en cachette et à l’abri des jaunes qui attendent que tu fasses une connerie pour te balancer aux chefs d’équipe. Quand je pense que ce daron, au bled, il était blindé de diplômes et qu’ici il est obligé de faire de l’intérim, ça me rend fou. Ça me fait penser aux urgentistes d’origine algérienne qu’on exploite dans des hôpitaux et qu’on ne considère même pas comme de vrais médecins, alors qu’ils se tuent à la tâche. Tout ça pour des conneries d’équivalence de diplôme. Remarque, heureusement qu’il est là pour faire bouger un peu le syndicat dans le bon sens, sinon il serait déjà jauni par le pastis que certains permanents et professionnels de la lutte des classes s’envoient dès 8 heures du mat, le tout au frais du syndicat bien sûr. Bref, j’espère que les potos vont pouvoir trouver quelque chose pour ne pas crever étouffés par la galère, les plans foireux qui rapportent plus rien du tout et la fumée des spliffs, mais franchement ça sera pas la joie non plus. Puis essayer de tuer le temps au boulot, en buvant un peu en cachette, en vrai, ça aide pas trop non plus. Je l’ai fais un peu au début, car je me faisais grave chier, mais en vrai t’es bien sur le moment, tu rigoles un peu, mais après, le lendemain, pour se réveiller, je te raconte pas comment c’est super dur. T’as l’impression que tes muscles sont tous compressés et tordus, c’est horrible comme douleur. C’est comme si t’avais fait un match de foot défoncé à la bière. Tu cavales comme un ouf, t’es tout speed et ensuite t’en chies comme c’est pas permis. De toute façon, l’épicier en face du boulot, il vend même pas d’alcool. Je respecte, vraiment. Au moins, on peut pas dire qu’il court après l’argent, d’une certaine façon il est cohérent avec sa foi, qui n’est vraiment pas la mienne. Nos foies ne sont sûrement pas les mêmes non plus. Y’a des fois où ça m’a soûlé de pas pouvoir acheter une bière en sortant du taf. Un jour, je lui ai fait remarquer que ça me faisait chier, en rigolant. Je voulais boire un coup dans le bus avant de rentrer à la maison après une dure journée. Il a souri et s’est moqué de moi. Il m’a offert un jus d’orange grave bon et grave cher. Ça m’a ému. Parfois je suis ému pour rien du tout, ou  alors c’est peut-être que plus rien ne touche les gens normaux et que je suis trop fatigué. Peut-être que mes fuckin « émotions me submergent » comme dirait ma mère. Je lui ai dit à l’épicier que j’étais communiste ou anarchiste, un mélange de tout ça, que la religion c’était l’opium du peuple, je lui ai récité ma leçon, que c’était dommage qu’on puisse pas boire un coup ensemble, mais que sur la barricade, face aux flics, je ne m’amuserai pas à demander au type qui se mange les mêmes balles et grenades que moi s’il est athée ou pas. Je lui ai dit ça et d’autres choses sur la lutte. J’ai joué un peu le daron qui donne des leçons de morale, avec un ton paternaliste et tout, j’étais un peu fonsdé, un vrai con. Il m’a répondu calmement et m’a raconté sa guerre d’Algérie, sa guerre de libération, la torture, l’exil. J’ai pensé à mon daron qui n’est plus là. J’ai fermé ma gueule définitivement et suis parti de nouveau très ému.  De toute façon, en vrai, je me sens plus proche de certains mecs avec qui j’ai grandi dans mon quartier qui sont musulmans que de certains mecs qui m’appellent camarade. C’est pareil, on me la fait pas à moi. Les discours des blancs-becs sur la révolution, qui rentrent chez eux dans leur appart de bourgeois, ça prend pas sur moi, même s’ils ont leur veste pleine de badges et de slogans. Ma classe sociale, elle, ne me trahit pas, en tout cas pas souvent. Je la connais par cœur et je lui fais confiance. La vérité c’est que cet épicier, il est un peu plus ouvert que d’autres que j’ai connus. Celui de ma cité essayait toujours de nous arnaquer quand nous étions enfants et faisait exprès de se tromper quand il nous rendait la monnaie. Mes potes algériens me disaient que c’était un camaro des montagnes, un crevard, un véritable enfoiré.

Un jour de grève, nous brûlions des pneus devant l’usine, quand cet épicier, celui qui est cool et croit en dieu, s’est approché et nous a offert une caisse de bouteilles de bière qu’on lui avait livrée par erreur. On était sur le cul. Il s’était dit que ça nous ferait plaisir, il avait raison. Il s’était montré solidaire à sa façon ou peut-être qu‘il voulait pas gâcher. Je lui ai dit qu’il était pas obligé de faire ça si c’était contraire à ses convictions. Il m’a dit de pas m’inquiéter, que ça il le gérait tout seul sans les conseils de personne, qu’il avait pas besoin qu’un athée vienne lui expliquer comment se débrouiller avec sa foi. J’avoue, il avait raison.

C’était une bonne grève. Je m’en rappelle bien. Il y avait eu des hauts et des bas, mais on avait gagné quelques trucs. Mais, surtout, ça avait soudé l’équipe. C’était ça la grande victoire. Pour l’occas, j’avais demandé à des potes de mon quartier de venir faire un concert de solidarité pour moi et mes collègues du boulot. Ils étaient venus direct. C’étaient des rappeurs super engagés et à fond sur des trucs politiques. D’habitude, je préfère le rap un peu plus street ; le rap conscient, moi, perso, ça me soûle, je connais déjà la life, j’ai pas besoin de l’entendre en chanson, je veux juste kiffer sur du son bien lourd mais bon au moins, eux, ils étaient venus sans rechigner. Pas comme les autres bâtards qui parlent de la cité et des darons mais qui demandent du fric pour soutenir des gens en grève qui sont pour la plupart issus des mêmes quartiers que ces cons de faux gangsters à la noix. En plus, mes potes, ils sont comme moi, ils n’aiment ni les flics, ni les patrons. Ça tombe bien. Quand je pense au nombre de fois où j’ai dû prendre sur moi pour pas cogner un de ces enfoirés en uniforme bleu, je me demande vraiment comment j’ai fait. Surtout cette fois où ils m’ont mis des droites sur la gueule alors que j’avais les mains attachées dans le dos. Ces gros porcs puaient l’alcool et me crachaient leur haine raciste à la face en me traitant de Pepito. Sales chiens ! S’ils savaient. Depuis, à chaque fois que j’apprends par les infos qu’un flic s’est fait buter, j’ouvre une bouteille de Jack Daniels pour fêter l’événement. Même si j’ai pas de thunes. Et j’en ai rien à foutre que cette raclure ait un gosse, une femme, un bébé ou un chien, j’en ai strictement rien à branler. Et qu’on me dise surtout pas qu’y en a qui sont bien. Le jour où ils brûleront leur carte de police pour exprimer leur solidarité avec les familles qui ont perdu un des leurs sous leurs balles racistes ou qu’ils démissionneront, on verra. En attendant, je m’en tamponne la couscoussière à coup de merguez. De toute façon, c’est « une guerre sociale ! », comme dirait l’autre, faudrait peut-être aussi rajouter « raciale », vu qu’à chaque fois, ces porcs butent des Noirs et des Arabes, enfin moi je me dis qu‘ils font pas autant de zèle avec les riches. Et le rappeur dont je ne me rappelle plus le blaze a bien raison de dire qu’il y a des centaines de cas de crimes policiers qui n’ont jamais été élucidés. La police et la justice sont de mèche. Ils sont complices. Et ce sont des larbins de l’État de droite. Je préfère dire de droite car, de toute façon, même quand c’est la gauche en fait c’est la droite, étant donné que ces enfoirés du PS comme cette merde de SOS racisme, Harlem mon cul qui se désire et tout, sont des vendus au système. La gauche ça existe pas. Et les cocos qui gèrent les mairies en banlieue, pour moi ce ne sont pas des vrais communistes. Ce sont juste des gérants qui aiment un peu plus la culture et les jeunes que les autres enfoirés de droite. Quand je pense qu’un mec de mon quartier, qui bossait pour le PS dans ma ville, osait dire aux plus jeunes sur le marché de ma cité, que s’ils votaient pour le PS, il n’y aurait plus de Bac, je te jure… manque pas d’air quand même. De toute façon, je ne crois plus dans les partis politiques qui essayent de nous vendre leur programme de merde plein de mythos, à part peut-être si c’est des gens de mon quartier qui partagent ma réalité, qui s‘organisent pour des trucs locaux, et encore, si c’est juste pour gratter des postes à la mairie et devenir des notables municipaux, ça sert à rien. Ils s’arrangent tous entre eux. Y’a pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre ça. C’est de la connerie pure et simple leurs discours pseudo-révolutionnaires. Faut pas prendre les gens pour des cons. La télé remplit bien son boulot de lobotomisation, mais c’est pas elle seule qui est responsable de la connerie ambiante. La France, mon pote, c’est un pays raciste et conservateur en vrai. « Les bonnes choses ont été le fruit de l’action d’une minorité radicale qui a suffisamment mis la pression pour que les mous du genou n’aient plus d’autres choix que de voter des lois dites progressistes », aïe !  Je parle comme un politicien là, faut que je fasse gaffe quand même, sérieux, enfin c’est pas de moi cette tirade, c‘est de mon pote Abdel qui squatte les bancs de la fac, un vrai intello, mon sauce, mais je suis d’accord avec lui. De toute façon, ma mère, elle me l’a un peu expliqué tout ça en citant comme exemple l’avortement. « Simone Veil, elle est bien gentille, mais elle a promulgué la loi sur l’avortement parce que derrière des féministes de tout horizon s’étaient cassées le cul à lutter pour le droit des femmes. Des gauchistes, des lesbiennes, des mères courageuses. Elle a fait ça à un moment confortable, malgré les critiques virulentes des extrémistes de droite et des cathos ». Ça, ma vieille, elle me l’a bien raconté en détail. Ça lui tient à cœur. Et je peux te dire que c’était bien rentré dans le crâne de mon père, qui était plutôt mou pour tout ce qui concerne les questions des droits des meufs. Je veux pas me donner le bon rôle, je suis aussi un crevard, mais je pense pas qu’on soit une pute quand on n’est plus vierge et je pense pas qu’on soit forcément une sainte ou une coincée quand on ne baise pas, les meufs, elles ont le droit d’avorter si elles veulent. Ma darone, elle m’a aussi soûlé avec les pédés, du coup j’ai rien contre eux. Mais putain, en vrai, ça me stresse. C’est pas la même chose de dire que t’es pas homophobe dans un boulot où t’as plein de machos qui se traitent d’enculés que de le dire dans un bar branché du Marais. Bah ouais, mon pote, les réalités c’est pas les mêmes. Et puis, sans vouloir faire trop de comparaisons, ni graduer la souffrance, en ce moment, si t’es un Arabe ou un musulman, j’ai l’impression que c’est plus chaud pour tes fesses que si t’es un gay du Marais qui regarde Pink TV et qui travaille dans une agence de pub. Enfin, je sais pas si je l’exprime bien le truc, je suis peut-être maladroit, ça sonne un peu cliché, et puis en vrai ceux qui aiment pas les immigrés et les Arabes, c’est souvent les mêmes qui aiment pas les homosexuels. De toute façon, c’est la merde, y’a des flics partout et bientôt on aura des puces électroniques dans le cul. Ils commencent d’abord par les chiens et ensuite ça sera autour de nos bébés. Et les gens, ils vont accepter ça comme des cons car ils auront vu le JT de TF1 et, dans leur maison à la campagne, ils vont s’imaginer que bientôt des hordes de musulmans des cités vont les envahir. Quelle bande de cons, je te jure, des fois je me dis qu’heureusement qu’il y a eu des immigrés qui sont venus parce que s’ils étaient restés entre Français, on se demande ce que c’est un vrai Français en plus, ça serait pas la joie. Et puis ils auraient pas un aussi « beau » pays ces cons de réac qui veulent nous virer après nous avoir usé jusqu’à l’os. Putain, je kiffe mon tee-shirt que m’a filé un pote, français, bien blanc, mais tellement de cité qu’à force, les keufs, ils voient plus de différence et l’insulte lui aussi de sale bougnoule. « Étrangers, ne nous laissez pas seul avec les Français », voila ce qu’il y a d’écrit sur mon tee-shirt. Je kiffe marcher avec dans les rues de Panam et parfois, quand je suis bourré, je me dis que je vais aller avec mon fuckinnn tee-shirt faire un tour dans un quartier où je sais qu’il y a des fachos qui trainent, même si sur Panam ils jouent pas trop les chauds et les fiers. Sauf en cachette pour des vidéos qu’ils foutent sur internet. Saloperie de fachos de merde. Tous des sales porcs qui font leurs trucs à leurs propres sauces. Il n’y a que les épices de leurs tambouilles foireuses qui varient. Dans mon quartier, même si certains ne comprennent rien, on n’est pas dupe, on les a cramés ces enfoirés qui sont en embuscade. En même temps, ceux qui sont censés répondre à tous ces connards sont tellement à la ramasse que les autres se croient tout permis. Je ne suis pas communiste à 100 %, mais, putain de merde, que ceux qui s’en réclament arrêtent un peu d’avoir honte. Qu’ils assument leurs idées et leurs programmes au lieu de passer du temps à se justifier et à s’excuser d’être communistes. Dégainez votre faucille et votre putain de marteau bordel ! En face, ils n’en ont rien à foutre, ils sont décomplexés, ils la ramènent, alors, putain, bougez-vous le cul et aller les mettre à l’amende en direct et pas qu’à la télé, mais arrêtez d‘être timide bordel ! Vous choisissez de jouer le jeu électoral, alors foncez dans le tas et soyez un peu fiers. Faites le ménage chez les ouvriers qui votent extrême-droite. Et puis, non, vous êtes tellement déconnectés du peuple que vous êtes en galère sévère. Les ouvriers, on dirait qu’ils s’en battent les couilles de vous. Faites campagne et arrêtez de nous faire chier. Mais jouez pas les fous non plus, comme Mélenchon alias cornichon le gras, sérieux, c’est un aigre-doux lui, trente ans de PS et il veut nous faire croire qu’il est avec le peuple, c’est un ouf, en plus il pense que Zemmour n’est pas raciste, et il est pote avec Dassault, que de la merde ce mec, à part clasher la truie Le Pen il sert à rien. Pauvres stals du PC, ils sont dans le gouffre. En tout cas le jour où ça vote, je suivrais l’aventure en lisant le Canard enchaîné et en restant au lit. Je continuerai à me bouger le cul au boulot et au quartier. Je pense que c’est plus efficace comme ça. Vous pourrez me traiter de sale anarchiste ou de sale rouge du syndicat. Je rigolerai et je vous cracherai  ma réalité de charbonneur à la gueule, histoire que vous vomissiez un peu vos théories parfaites de mecs à l’ouest, en buvant une bonne bière fraîche et en tirant sur un gros spliff de beuh bien chargé. Et puis en vrai, quand t’y penses, le travail c’est tellement de la merde que même quand t’en as pas il te pourrit la vie, ce bâtard !

Enfin…

Vas-y je bouge, j’arrive à ma station, ça me soûle, je me suis fais mal au crâne tout seul.

Skalpel

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